La règle d’or de conception d’un escalier : 60cm < 2H+G <64 ou 66cm fait intervenir la hauteur entre marches (H) et le giron (G).
Par définition, le giron est la distance horizontale entre le nez de deux marches consécutives, mesuré sur la ligne de foulée. Plus simplement, j’ai l’habitude de dire à nos clients, de manière un peu impropre sans doute, que le giron ou la ligne de foulée »c’est là où on met le pied ».
On voit bien que, pour un escalier droit, il est très aisé de mesurer le giron, puisque les marches sont parallèles.
Pour les escaliers tournants, il devient nécessaire de définir où se situe la ligne de foulée.
A 60 cm du noyau ou du vide central, nous disent en choeur le réglement de sécurité des établissements recevant du public et le Code du Travail.
En guise d’illustration, le schéma ci-contre représente un escalier hélicoïdal avec un fût central de diamètre 220 mm et des marches de 90 cm, soit une unité de passage. La ligne de foulée est tracée à 60 cm du bord du fût. On peut alors déterminer la distance entre deux marches consécutives. Cela donne un giron de 28 cm.
On voit bien l’application de cette notion pour des escaliers d’une unité de passage de 90 cm.
Pour les autres, la récente norme NF P 85-015 d’avril 2008 pour les escaliers industriels situe la ligne de foulée aux 7/10 de la largeur de passage, comprise entre 70 et 90 cm.
De son côté, la norme NF P 21-210, suivie par les escaliers en bois, la situe au milieu de l’emmarchement pour les escaliers dont la largeur est inférieure à un mètre.
Mais la circulaire du 30 novembre 2007 sur l’accessibilité des ERP et bâtiments d’habitation indique quant à elle » une distance de 50 cm du mur extérieur pour mesurer la largeur du giron ».
Comme souvent en France, les réglements se superposent. A tel point que ce sujet à fait l’objet d’ une question écrite au Parlement. La réponse du Ministère me laisse perplexe :
« La première des difficultés rencontrées concerne la fixation de la ligne de foulée, dont la définition diffère dans la circulaire et dans la norme NF P 21-210 applicable aux escaliers en bois. La norme situe la fixation de la ligne de foulée au milieu de l’emmarchement pour les escaliers dont la largeur est inférieure à un mètre. La circulaire prévoit, quant à elle, que cette ligne est mesurée à 50 cm du mur extérieur pour les escaliers qui comportent des marches non parallèles. Cette référence a été prise par analogie aux exigences relatives aux escaliers situés dans les parties communes, dont la largeur doit être supérieure ou égale à 1,20 m. Cependant, la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, ainsi que ses différents textes d’application desquels découle la circulaire, n’apportent pas de précision sur la distance à retenir. Dans ce cas, et dans la mesure où il ressort des travaux concertés et préparatoires à la circulaire que la référence peut être celle déjà retenue dans la norme NF P 21-210, des rectifications dans ce sens sont en cours sur le site Internet www.accessibilite-batiment.fr. Ces rectifications aideront l’ensemble de la construction dans l’application de ces règles ».
On voit bien la difficulté, faute d’étude qualitative sérieuse, de répondre à la question de la position de la ligne de foulée d’un escalier tournant.
En pratique, pour un escalier intérieur d’habitation, le conseil d’un professionnel, architecte, installateur, ou, bien sûr, fabricant d’escaliers comme nous, vous sera d’une aide précieuse pour implanter un escalier confortable dans l’espace disponible.


Ne cherchez pas trop loin, la circulaire du 30 novembre 2007 est t batie sur une grossière erreur que je m’escrime en vain de faire corriger depuis qu’en qualité qualité de responsable d’une association de personnes handicapé j’ai eu à connaitre le projet de la circulaire.
En fait tout est lié à l’inversion extérieur et intérieur du repère de positionnement de la ligne de foulée.
Christian François a tout à fait raison. Une simple boulette dans une circulaire devient une tempête dans un dé à coudre, surtout quand l’auteur de la boulette persiste dans des efforts laborieux pour justifier son erreur.
A mon sens, beaucoup d’énergie est dépensée de façon inutile. Une circulaire quand bien même elle est interministérielle n’a aucune valeur, ni juridique ni normative.
Quand le ministère sacralisera cette erreur dans un arrêté paru au JO ou quand l’AFNOR l’intégrera dans une norme officielle, il sera temps de s’inquiéter de l’incohérence des textes.